La vie du quartier Bourse - Esplanade - Krutenau
Isoria
©Isoria

Isoria, « un mélange d’Amazon, du Bon coin et des Pages Jaunes »

La plateforme est exclusivement ouverte aux professionnels, associations et entreprises, voire aux administrations qui œuvrent pour : une économie plus solidaire, le respect de l’environnement et le développement local et est destinée au grand public. J’ai rencontré sa créatrice qui habite le quartier de la Krutenau à Strasbourg.

Léa Jobert a 27 ans. Elle a une maîtrise en droit de l’environnement. En 2016, elle va travailler pour l’association France Nature Environnement à Toulouse pendant 8 mois et valide son diplôme. Puis, elle revient à Strasbourg et collabore notamment de 2017 à 2019, avec le Secrétariat Général pour les Affaires Régionales et Européennes (SGARE) comme chargée du dynamisme territorial. Elle intègre alors le programme national Action Cœur de Ville pour le Grand Est dont l’objectif est de développer l’attractivité des villes moyennes pour améliorer les conditions de vie de leurs habitants et désengorger les métropoles. La mission de Léa Jobert consiste alors à vérifier la qualité ainsi que le respect des conditions des projets d’aménagement proposés par les maires de chaque ville bénéficiaire de ce programme et à programmer leur financement.

Pour la consommation locale et la valorisation des acteurs locaux

Puis est arrivé le confinement en mars 2020. Période pendant laquelle le site Isoria, ce projet en parfait accord avec ses compétences et ses convictions, est né. Léa explique comment elle s’y est prise.

« Pendant le confinement, j’étais abasourdie de voir l’ampleur que prenait Amazon. Des personnes ont été amenées à acheter des produits indépendamment de leurs lieux et de leurs conditions de fabrication ainsi que de leurs impacts environnementaux. Il ne faut pourtant pas leur jeter la pierre, car ils n’ont pas d’autres solutions et l’attraction est forte. Comme alternative, je me suis dit qu’il était possible de proposer aux consommateurs un outil qui leur permettrait de leur montrer qu’ils peuvent trouver ce qu’ils cherchent près de chez eux.

J’ai commencé à réfléchir à cet outil. J’ai pensé à la création d’un site et je m’y suis mise dès le mois d’avril. Ça m’a pris pratiquement 4 mois pour le faire. J’ai conçu tout de A à Z sans avoir de notions préalables. J’ai appris sur le tas et lorsque j’étais bloquée, j’allais chercher des réponses dans les forums de discussion. Le site était mis en ligne en août et en septembre, j’ai commencé à faire la promotion ».

©Photo personnelle Léa Jobert

Isoria fonctionne comme un répertoire où sont référencés les acteurs de l’économie locale. C’est un système d’annonces à travers lequel ils se présentent, parlent de leur domaine d’activité et décrivent leurs produits ou services. Le panel des catégories proposé est vaste. L’objectif est de faire en sorte que tous « les consommateurs engagés » puissent chercher et trouver les produits et services dont ils ont besoin et comme ils le feraient sur ces sites de vente en ligne.

Une charte à respecter

Seules les entreprises, les associations et les administrations dans une certaine mesure, peuvent publier une annonce. Celle-ci doit remplir l’une de ces conditions : elle doit être locale, sociale, solidaire, écoresponsable. Pour ce qui est des produits proposés, ils doivent être obligatoirement fabriqués au sein de l’Union Européenne. Léa a d’ailleurs prévu la charte de l’annonceur qui reprend les principes à respecter. Une cinquantaine d’acteurs de l’économie « engagée » de Strasbourg, de la région et d’ailleurs en France sont déjà inscrits.

« Ce sont les annonceurs qui publient eux même leurs annonces, moi je me charge de les valider et de m’assurer qu’ils remplissent bien les critères demandés. J’ai également mis en place un blog dans lequel je rédigerais des articles sur les initiatives qui me marquent vraiment, un peu comme mes coups de cœur », précise l’entrepreneure.

Et c’est quoi la suite ?

En plus d’un répertoire et d’un outil de communication pour ses annonceurs, Isoria a également pour ambition de devenir un site de vente en ligne de manière à faciliter davantage la consommation locale. Léa a déjà une vision très claire de ses ambitions pour Isoria. « Je souhaite que les annonceurs puissent y être de manière assez vivante en parlant des évènements qu’ils organisent par exemple, de leurs offres et que les visiteurs puissent acheter directement sur le site. Mon but c’est de toucher tout Strasbourg et ses environs, puis toute la France et enfin les différents pays de l’Union Européenne, afin que chaque habitant de chaque ville puisse consommer localement. Avoir des consommateurs engagés pour le développement local. Alors, longue vie à la consommation locale et aux circuits courts ! ».

Les inscriptions sur Isoria sont gratuites pour l’instant. L’appel aux acteurs locaux est lancé pour les inscriptions ainsi qu’à toutes les personnes qui souhaiteraient soutenir cette initiative et la voir se développer à Strasbourg et ailleurs.


Rédigé par Leyla Doup Kaïgama

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